Quand la vue baisse avec l’âge

Avec les années, on remarque parfois que son chien hésite davantage avant de descendre un escalier ou que son chat semble moins précis lorsqu’il saute sur son meuble préféré. Ou encore qu’étrangement son animal sursaute quand on l’approche sans prévenir, se déplace plus lentement lorsque la lumière baisse ou cherche davantage notre présence…
Comme l’ouïe, la vision peut évoluer avec l’âge..
Cette diminution est parfois très progressive, au point que l’on ne s’en aperçoit pas immédiatement.
En effet les animaux possèdent une remarquable capacité d’adaptation : ils utilisent leur odorat, leur ouïe, leur mémoire et leurs repères habituels pour continuer à évoluer dans leur environnement.
Chez le chien notamment, une perte de vision peut ainsi passer longtemps relativement inaperçue.
Mais voir moins bien en vieillissant n’est pas toujours simplement “normal”.
Certaines modifications sont liées au vieillissement naturel de l’œil, tandis que d’autres correspondent à de véritables maladies qui nécessitent un suivi, voire une prise en charge.

Ses yeux deviennent bleutés : est-ce une cataracte ?

C’est une question très fréquente lorsque l’on vit avec un chien âgé.

Avec les années, le cristallin peut prendre une apparence légèrement grisâtre ou bleutée. Il s’agit souvent de ce que l’on appelle une sclérose nucléaire, ou sclérose du cristallin.
C’est un phénomène physiologique associé au vieillissement. Le cristallin devient progressivement plus dense et moins souple. Contrairement à une cataracte, cette modification n’entraîne généralement pas une perte importante de la vision, même si elle peut diminuer certaines capacités visuelles, notamment la mise au point de près ou l’appréciation des distances.

La cataracte quant à elle est différente : le cristallin devient réellement opaque et empêche la lumière d’atteindre correctement la rétine. Elle peut donc entraîner une diminution importante de la vision, jusqu’à la cécité dans certains cas.

À l’œil nu, il n’est pas toujours possible pour un propriétaire de distinguer une sclérose liée à l’âge d’une cataracte. Un examen vétérinaire permet de faire la différence.

Comment savoir si mon animal voit moins bien ?

Une baisse progressive de la vision ne se manifeste pas forcément par un animal qui se cogne brutalement contre tous les meubles.

Les premiers signes peuvent être beaucoup plus subtils.

Vous pouvez par exemple remarquer qu’il :

  • hésite davantage devant un escalier ou un trottoir 
  • semble moins à l’aise lorsqu’il fait sombre 
  • apprécie moins les promenades nocturnes 
  • hésite avant de sauter sur un canapé, un lit ou un meuble 
  • ne retrouve plus aussi facilement un objet posé au sol 
  • rate parfois une friandise qu’on lui tend 
  • sursaute davantage lorsqu’on le touche sans l’avoir prévenu 
  • se montre plus prudent dans un environnement inconnu 
  • reste davantage à proximité de vous 
  • se cogne parfois dans un obstacle, notamment si celui-ci vient d’être déplacé

Dans certaines maladies de la rétine, une difficulté à voir lorsqu’il fait sombre peut même être l’un des premiers signes observés.

Ces changements méritent donc d’être signalés au vétérinaire, même s’ils vous semblent mineurs.

Quand consulter pour sa vision ?

Une baisse de vision progressive n’est pas la même chose qu’une perte de vision brutale ! 
Un animal âgé qui devient progressivement moins précis dans ses déplacements sur plusieurs mois n’est pas dans la même situation qu’un animal qui semble soudainement ne plus voir.

Une perte brutale de vision doit conduire à consulter rapidement.

Certaines affections touchant la cornée, le cristallin, la rétine, le nerf optique ou d’autres structures de l’œil peuvent provoquer une perte de vision aiguë.

De la même manière, un œil rouge, douloureux, fermé, qui coule beaucoup, qui change brutalement d’aspect ou une pupille anormalement dilatée ne doivent pas être considérés comme de simples manifestations du vieillissement.

L’âge peut expliquer certaines modifications. Il ne doit pas devenir la cause de tous les maux !

Adapter le quotidien à sa vue qui baisse

La bonne nouvelle, c’est qu’un chien ou un chat qui voit moins bien peut conserver une très belle qualité de vie.
Pour cela, son environnement doit rester aussi prévisible que possible.

  • Garder les mêmes repères

Lorsque la vision diminue, l’animal s’appuie davantage sur sa mémoire.
Évitez donc, autant que possible, de déplacer régulièrement les meubles, son couchage, ses gamelles ou sa litière.
Un intérieur qu’il connaît parfaitement peut être parcouru avec une facilité étonnante, même lorsque sa vision est fortement diminuée.

  • Sécuriser les zones à risque

Les escaliers, piscines, balcons, terrasses en hauteur ou changements de niveau deviennent particulièrement importants à sécuriser.
Un animal qui a toujours évolué librement dans sa maison peut ne pas avoir conscience que ses capacités ont changé.

  • L’aider grâce à d’autres repères

Le toucher, les odeurs et les sons peuvent devenir de véritables guides.
Un tapis placé avant un escalier peut signaler qu’un changement de niveau approche. Une veilleuse peut aider certains animaux qui distinguent encore la lumière mais voient moins bien dans l’obscurité.
La voix est également précieuse. Prévenir son animal avant de le toucher, lui parler lorsque l’on approche ou utiliser toujours les mêmes mots — « attention », « marche », « doucement » — permet de rendre son environnement plus prévisible.

  • Éviter de le surprendre

Un animal qui voit moins bien peut sursauter davantage, tout simplement parce qu’il n’a pas vu une main ou une personne arriver.
Approchez-le en parlant doucement ou en produisant un petit bruit familier.
C’est particulièrement important lorsque l’animal dort, mais aussi dans ses interactions avec les enfants ou avec d’autres animaux.

  • Maintenir ses activités

Voir moins bien ne signifie pas devoir arrêter de vivre.
Les promenades peuvent continuer. Les moments passés dans le jardin, les jeux olfactifs, les recherches de friandises, les interactions avec les humains et les autres animaux restent autant de sources de stimulation et de plaisir.

Mais est-ce vraiment la vue ?

Chez un animal âgé, plusieurs changements peuvent apparaître en même temps.
Une diminution de la vue peut se conjuguer avec une baisse de l’audition, des douleurs articulaires, une diminution de l’odorat ou encore des modifications cognitives liées au vieillissement.

Un chien qui hésite devant un escalier peut avoir du mal à évaluer les marches… mais il peut aussi avoir mal aux articulations.
Un animal qui semble désorienté la nuit peut voir moins bien… mais une désorientation nocturne peut également faire partie des signes observés lors de troubles cognitifs chez le chien âgé.

C’est pour cette raison qu’il est important d’observer l’animal dans sa globalité.

Voir moins mais vivre bien

La perte de la vue inquiète souvent beaucoup les familles. C’est compréhensible : nous imaginons spontanément ce que représenterait, pour nous, le fait de ne plus voir.

Mais nos animaux n’appréhendent pas leur environnement exactement comme nous.

Chez le chien notamment, l’odorat et l’audition occupent une place considérable dans la perception du monde. Lorsque la vision diminue, il peut donc progressivement s’appuyer davantage sur ses autres sens et développer de nouveaux repères.
Certains animaux presque ou totalement aveugles continuent ainsi à retrouver leur couchage, réclamer leur promenade, explorer les odeurs qui les intéressent, profiter de leurs repas ou venir spontanément chercher le contact de leurs humains.

Cela demande parfois un temps d’adaptation, et notre rôle consiste surtout à rendre leur environnement plus stable et plus prévisible.

C’est aussi pour cette raison qu’une baisse de vision, prise isolément, ne suffit pas à conclure qu’un animal a une mauvaise qualité de vie.

L’important n’est donc pas seulement de regarder ce que l’animal a perdu, mais aussi tout ce qu’il continue à apprécier, à rechercher et à partager avec nous.

Conclusion

Une baisse de vision ne résume pas la qualité de vie de votre animal. Il a souvent d’autres sens pour la compenser.
Ce qui compte, c’est tout ce qu’il peut encore sentir, apprécier, explorer et partager avec vous.

Avec quelques ajustements et beaucoup de douceur, son quotidien peut donc rester riche et sécurisant.

que faire quand la vue de son animal baisse ?